Bel oiseau
Bel oiseau à l’envol déployé sur les cimes
Eau pure jaillissant des fontaines sublimes
Tu animes les peuples d’un élan surpuissant
Qui cherchent ta conquête au prix même du sang
Car des hommes pour toi sont allés au supplice
Obscurs ou célèbres du même sacrifice.
Bel oiseau, tu migres dans le cœur de chacun
Tu es l’ultime but et le désir sans fin.
Las, les tyrans, souvent, ont pour hâte première
En ton nom violé, d’éteindre ta lumière.
Pour n’avoir pas voulu, enfin, te renier
Combien de têtes, oui, tombées dans le panier ?
L’argent gangrénant tout, soi-disant réaliste
L’Etat te tord le cou, souvent clientéliste…
Pour ce triste constat, tu meures à chaque fois :
Là-bas, l’enfant esclave et ici l’enfant roi.
Nul ne te mettra jamais un bâillon sur la bouche
Nul ne te contraindra, toi que rien n’effarouche !
Liberté.
Hervé Lapillonne.
