La cavalcade
Accompagnée de l’odeur de la terre humide,
Perchée sur son dos, d’abord dans la retenue, les mains serrées sur les brides,
La tension monte, s’accumule, se compresse.
Le piaffer s’accentue, sa nuque s’élève plus haut encore, ses oreilles se dressent.
Les crins voltigent, les naseaux se gonflent
Les muscles se contractent, la peau s’échauffe,
Je relâche la pression avant que tout n’explose.
Le monde sauvage nous emporte dans une insensée symbiose,
Nous traversons la prairie à une vitesse folle.
Pour le troupeau, la course est lancée, poursuivant chacun la gloriole.
La cavalcade se déploie, s’étire, se resserre,
Elle suit une partition connue d’elle seule, battant le fer.
Le vent siffle aux oreilles, chante, s’engouffre dans nos pas,
Aussi fort que le rythme effréné martelé par les sabots, il croît.
Pendant quelques secondes, le contrôle nous échappe
Il n’y a plus que la fougue, la force : la liberté nous happe.
Oui, à cet instant nous sommes libres.
Elyse
